Transcription
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Monsieur, jay receu les lestres quil vous a pleu mescrire par le cappitaine Menon et Marchyer. Je ne say quelle
2responce vous aurés [barré : fa ] huee du sieur de Mirebel pour leslargissement du jeune Bruyères et chastelain de
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Chasteaudouble. Je say que leurs souldatz faisoyent estat den tirer une excessive ransson, qui me faict doubter de
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leurs libertés. Jay nouvelles quil y a quatre jours que le cappitaine Fremillier est party de Nhyons pour Avignon. Je vous
5envoye une lettre [barré : de ] que le sieur de Taillade ma escrite où il discourt du succès de lentreprise que les ennemys firent
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la nuict du vendredy à Baignolz. Il est passé aujourdhuy ung courrier allant à la court qui ha passepourt de
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monsieur de Carces qui est appointé en contrayre partye de celuy qui vous ha parlé de Celon de Craux, car il
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ma dit quil y avoit troys centz chevaus des ennemys et certayne troupe darquebusiers qui passarent vendredy la
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Durance pour aller faire une extraicte à la compagnye de monsieur le mareschal de Retz ; mays ladvertissement du
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dit seigneur de Carces vint si à propos à monsieur de Momperon quilz eurent moyen de ce retirer en lieu fermé. Il ma
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encoures faict entendre que si ledit seigneur ne ce fut trouvé ces jours passés à Aix, quil y avoit une eslevation
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populayre en dangier quelle seroit generalle en son gouvernement si ssa prudente providence ny pourvoyt comme
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elle faict. Voyla comme chacun en parle selon la passion qui les domine. Jay eu advertissement comme ce
14soldat qui estoit avec les ennemys quon appelloit Gourdes, qui estoit votre [barré : fief ] subiect, ha esté tuée.
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Ilz le tenoyent pour ung mineur bien quil ne fut pas Angloys. Je parly hiert à Antragues qui me dit que monsieur
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le cardinal de Bourbon sollicite vivement le roy affin quil ny aye aultre general au Contat que celuy que le
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pape y ha ordonné. Son nonce aussi ny demeure pas court, de mesmes ung qui est à la court pour le païs, de fasson
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que ledit Antragues est deliberé comme serviteur quil est à monsieur de Suze, de luy conseiller de presser
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toute poursuite. Il ma dit que les compagnies de gendarmes doyvent servir alternativement et parce moyen il ny
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aura aulcune casserye, et que le roy na retenu en toute la France que dis et huict compagnies de gens de
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piet à deus centz cinquante hommes pour enseigne, dont la moindre payecera de douze francz. Je salue voz bonnes
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graces par mes très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner
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monsieur, en très bonne sancté, longue et hereuse vye. Au Mon[telim]ar, ce IIIIe febvrier
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Vostre très humble filz et très hobeyssant serviteur
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Hourches
